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Les invariants de conduite de classe

Les dix invariants de conduite de classe - Michel Bourbao. Commentaires JL DOUMAX, CPAIEN Zone AAO

1) l’accueil

Pour faire en sorte que tous les enfants présents deviennent des élèves ; qu’ils acceptent de tenir leur rôle et s’investissent dans les tâches scolaires.

● L’entrée dans la cour de l’école ;

c’est la première étape entre l’enfant qui arrive du milieu familial à l’élève qui vient apprendre à l’école

● Le regroupement des enfants dans la cour et le premier contact avec l’adulte ;

c’est la deuxième étape où l’élève va rencontrer ses camarades et changer d’environnement. Les règles ne sont plus les mêmes qu’à l’extérieur de l’école. Elles doivent être connues et respectées.

● Le déplacement du groupe vers la classe ;

Il est indispensable que ce temps avant l’arrivée en classe soit régulée et soit soumis à des règles claires non négociables en termes de discipline. Le rang doit être à la fois organisé, ordonné et calme.

● L’entrée en classe ;

moment fondamental qui ne doit pas être négligé. On est déjà dans la préparation des apprentissages.

● L’installation dans la classe ;

elle doit être ritualisée. Les élèves ne doivent pas attendre d’instructions de la part de l’enseignant et doivent savoir quoi faire une fois en classe.

● Les rituels de salutation ;

cela relève des règles de politesse et installe la relation avec le maître.

● L’écoute individualisée ;

En début de journée, c’est le moment privilégié pour écouter les élèves et régler les problèmes individuels. Prendre connaissance des aléas de la vie de chacun est indispensable sans pour autant négliger le groupe classe.

● La responsabilisation des élèves au travers de tâches simples et ritualisées ;

Écriture de la date, relevé des températures, préparation du matériel de classe, distribution de documents, lecture de la phrase du jour, lecture de l’emploi du temps de la journée,… sont autant de tâches attribuées à certains élèves responsables pour la semaine.

● Les procédures d’appel des élèves (présence, cantine, étude, etc.) ;

En élémentaire ces tâches peuvent être attribuées à des élèves responsables. Il faut éviter que l’enseignant passe trop de temps à celles-ci, laissant les élèves oisifs.

● Les procédures de contrôle (cahier de liaison, signatures, devoirs, collectes…) ;

C’est en tout début de journée que ces contrôles sont effectués alors que les élèves sont actifs sur une tâche préalablement donnée. Les cahiers sont posés ouverts sur les bureaux des élèves et l’enseignant circule pour les vérifier.

● Le passage progressif vers les tâches scolaires en démarrant par des tâches de bas niveau ;

placer les élèves en situation de réinvestissement des connaissances et des savoir-faire est une des solution adaptée.

● La présentation du contenu de la journée (vers l’enrôlement dans les tâches) ;

cette étape est indispensable. « Qu’allons-nous apprendre ? » ; « Qu’allons-nous faire pour apprendre cela ? » ; « Comment allons-nous faire ? » (organisation, dispositif)

Parfois, l’accueil se déroule entièrement dans la salle de classe (en particulier à l’école maternelle).

C’est le moment privilégié de l’écoute, des échanges avec les élèves et un moment de socialisation fondamental.

2) l’ouverture de l’activité collective

Pour faire en sorte que tous les élèves focalisent leur attention sur l’enseignant, qu’ils deviennent disponibles, attentifs et se préoccupent de l’action collective que l’enseignant veut engager.

● Créer une rupture pour capter le regard et l’attention des élèves ;

l’enseignant ne doit pas commencer à parler pour la tâche à venir si toute la classe n’est pas attentive et silencieuse. Un signal sonore (taper dans les mains par ex.) ou une communication silencieuse (enseignant bras croisé devant le tableau) doivent indiquer aux élèves qu’ils doivent tourner le regard vers le maître et se préparer à ce qui va suivre.

● Obtenir les conditions de l’écoute ;

tout ce qui peut perturber l’écoute et l’attention doit être géré (élève debout, qui se balance, qui regarde par la fenêtre, matériel de classe qui a servi au préalable non rangé ou matériel nécessaire à la suite non préparé, élève qui boit, farfouille dans son casier ou son cartable,...)

● Utiliser des routines et des rituels ;

les routines et rituels constituent un cadre nécessaire. Ce qui est « habituel » ou régulier sera plus difficilement transgressé par les élèves qui savent quoi faire à l’instant T.

● Dramatiser l’instant, savoir le mettre en scène ;

Captiver les élèves en suscitant leur intérêt, leur curiosité (ne pas tout dévoiler trop vite), moduler la voix, utiliser une introduction motivante.

● Utiliser différents niveaux de voix ;

la modulation de la voix est un des gestes professionnels essentiel dans le métier d’enseignant. Elle relève d’un contrôle de soi en début de carrière. Il faut éviter un volume sonore trop élevé, des hausses brutales de ton, une voix trop aigüe. Une voix posée et calme incitent les élèves à l’écoute et a un effet apaisant sur les élèves.

● Focaliser l’attention du groupe classe (sur soi, le tableau, un tiers, etc.) ;

il n’est pas concevable de pouvoir « mener » une quelconque pédagogie dans la classe sans une écoute attentive des élèves et un minimum de concentration de leur part.

● Utiliser un langage silencieux.

Il est prouvé que moins l’enseignant monopolise la parole, plus il ouvrira de possibilités à ses élèves de s’exprimer, poser des questions, demander de l’aide, … Le langage silencieux permettra aussi à l’enseignant de ramener l’écoute, le calme et la concentration dans la classe (un doigt sur la bouche, debout devant le tableau les bras croisés face aux élèves avec un regard qui exprime l’attente et le mécontentement, ...)

3) l’enrôlement des élèves dans la tâche

Pour faire en sorte que les élèves se préoccupent de la tâche qui est proposée ; se sentent interpellés, concernés par sa réalisation, s’y intéressent, etc.

● L’annonce du sujet ;

voir « Explicitation des apprentissages » dans l’onglet spécifique.

● Rappel des connaissances antérieures ou des activités déjà réalisées ;

ce sont les élèves qui suite à la sollicitation de l’enseignant devront s’exprimer pour dire ce qu’ils ont retenu de la (ou des) séance précédente. Cela donnera à l’enseignant des informations essentielles quant à ce qui est bien intégré, ce qui l’est moins ou pas du tout, ce qui semble important pour les élèves, ... C’est un acte pédagogique essentiel qui permet aussi la mémorisation. C’est la répétition qui permet d’ancrer les savoirs.

● Éveiller l’intérêt et la curiosité des élèves ; créer le désir et l’envie ;

Sans la motivation des élèves, il n’y aura pas de désir d’apprendre. C’est cela qu’il faut viser avant tout, capter l’attention de l’élève, lui donner envie de s’intéresser au sujet traité, ... sans pour autant être démagogue.

● Stimuler et rassurer pour mobiliser les élèves ;

C’est la démarche mise en œuvre qui sera le facteur essentiel de stimulation. À ce titre, la démarche expérimentale, les situations de recherche, les situations où l’élève est valorisé par son aptitude à réfléchir et mettre en avant ses compétences sont les plus appropriées à la stimulation et à la mobilisation cognitives. Pour être rassuré, l’élève doit savoir pouvoir compter sur des aides, qu’elle soit matérielle, ou celle d’un camarade, ou encore de l’enseignant (cf. Différenciation). Il ne pourra entrer pleinement dans la tâche que si ces conditions sont réunies et qu’il sait pouvoir atteindre l’objectif qui a été préalablement fixé.

● Donner du sens à la tâche ;

Pour qu’une tâche ait du sens, il faut que l’élève connaisse le but, la finalité, les critères et indicateurs de réussite. Faire du lien avec les situations concrètes, éviter l’abstraction sont autant de facteurs qui donneront du sens à la tâche.

● Impliquer les élèves et les engager dans un projet ;

L’explicitation des apprentissages fait en amont permettra aux élèves de s’impliquer pleinement dans les tâches proposées. Le « projet » n’est pas nécessairement quelque chose de complexe et qui a une durée importante, il peut être modeste et limité à la durée de la séance. C’est toutefois l’objectif visé par l’enseignant auquel les élèves adhéreront qui aura valeur de projet.

● Obtenir l’intérêt et l’engagement des élèves par l’action.

Bien que l’écoute des élèves soit indispensable à certains moments, c’est par l’action que les élèves seront pleinement impliqués. Pour cela, la posture de l’enseignant ne doit pas être frontale tout le temps. La posture d’accompagnement qui met les élèves en action sur des tâches claires bien définies (en termes d’objectif, de critères de réussite, de temps qui y est consacré) permet à l’enseignant une différenciation, une aide et un étayage efficaces. L’intérêt des élèves sera d’autant plus grand que la tâche sera à leur portée et qu’elle fera sens. Un élève qui agit est un élève qui apprend ! Pendant la tâche, moins l’enseignant s’adresse au groupe classe, plus les élèves sont concentrés et actifs.

4) la passation de consigne

Pour définir les tâches auxquelles les élèves vont devoir se confronter, déterminer les conditions de leur réalisation et fixer les buts à atteindre. Il s’agit de poser un contrat de travail dans lequel chaque élève doit pouvoir s’engager.

Rien de pire qu’un élève en échec parce qu’il n’a pas compris ce qu’il devait faire et n’a pas osé pas le dire.

● La forme de la communication des consignes ;

La forme de communication des consignes est différente en fonction du niveau de classe des élèves mais aussi de la tâche proposée. Elle peut être accompagnée d’un modèle (maternelle), d’un écrit symbolique (icônes), d’un écrit au tableau. En tout état de cause, elle sera aussi oralisée par le maître dans un langage simple et compréhensible par tous les élèves.

● La première formulation de la consigne ;

Cette première formulation doit être précédée de la définition de l’objectif à atteindre. Si les élèves connaissent l’objectif à atteindre, la consigne de travail sera d’autant plus facile à comprendre. Cette consigne se doit d’être claire, concise avec une phrase simple.

● La définition de la tâche ;

Elle permet à l’élève d’appréhender les aspects pragmatiques pour atteindre l’objectif préalablement fixé. Quoi, comment (en ce qui concerne la réalisation de la tâche) sont les questions auxquelles les élèves doivent pouvoir apporter une réponse après cette définition.

● Les diverses reformulations ;

Pour être certain que les élèves ont bien compris ce qu’ils devaient faire, il sera utile quelquefois de formuler la consigne sous d’autres formes en faisant varier la syntaxe, le vocabulaire et les aides éventuelles à sa compréhension (cf. 4.1)

● Définir la tâche et le but à atteindre au travers d’exemples ;

cf. 4.1

● Les traces écrites ;

cf. 4,1

● La différenciation de la tâche ;

C’est une forme de la différenciation pédagogique. Cf. Différenciation

● Le contrôle de la compréhension des consignes.

S’assurer que les élèves ont tous bien compris ce qu’ils devaient faire et comment (support, modalités, dispositif, aspect temporel, aide possible ou pas,...) est une étape fondamentale de la passation des consignes. Pour ce faire, il faut user de la reformulation par des élèves désignés nominativement par l’enseignant (cela n’empêche pas la reformulation de la part de ce dernier - cf. 4.4). Les 3 grosses erreurs à éviter :

- interroger l’élève qui est devant l’enseignant ou celui qui répond toujours à tout avant tout le monde.

- interroger l’élève qui lève toujours le doigt à une question posée (interroger plutôt celui qui avait l’air de rêver pendant la passation de la consigne).

- poser la question « est-ce que tout le monde a compris ? » ou encore « qui n’a pas compris ? ». La réponse peut paraître (à tort) unanimement « OUI » à la première et l’absence de doigts levés à la deuxième peut-être un piège pour l’enseignant. En effet, pour la première question devant un nombre de OUI importants, l’élève qui n’a pas compris n’osera certainement pas dire que pour lui c’est NON. Pour la deuxième question, un élève peut penser avoir compris et ne se manifestera pas et un autre n’osera peut-être pas se manifester de peur de la risée de ses camarades.

Deux points importants donc : un climat de confiance est nécessaire dans la classe et le fait de ne pas comprendre quelque chose ne doit pas être mal vécu par les élèves.

5) la mise au travail des élèves

Pour faire en sorte que tous les élèves s’engagent dans une activité qui permette une véritable confrontation aux tâches prescrites.

● La gestion des problèmes matériels ;

cette étape doit être anticipée par l’enseignant sur sa fiche de préparation ou sur son cahier-journal. Au moment de la passation de la consigne, cet aspect pragmatique important doit être annoncé. Avec quoi et sur quel(s) support(s) les élèves vont réaliser la tâche doit être clairement formulé, voire écrit au tableau pour les élèves de cycles II et III. Le temps imparti à la tâche doit être connu des élèves (un « maître du temps » peut être désigné en élémentaire).

Au moment de la mise au travail (point suivant - 5.2) les élèves doivent disposer de tout ce qui est nécessaire à la réalisation de la tâche.

● Le signal de départ ;

La consigne a été donnée, reformulée, sa compréhension a été vérifiée, chaque élève sait ce qu’il doit faire et connait l’objectif à atteindre, il n’y a plus de questions posées ; à ce moment-là, l’enseignant peut donner le signal de départ.

● Le contrôle et la supervision de la mise au travail effective ;

La circulation dans la classe permettra à l’enseignant de donner le « dernier coup de pouce » aux élèves qui ont du mal à démarrer. Il s’agit d’une action d’accompagnement individuelle, positive qui se fait à voix basse pour ne pas déranger les autres et ne pas stigmatiser un élève en particulier.

● Les procédures de stimulation et d’incitation pour obtenir la mise au travail ;

cela se fera avant tout par le choix de la (ou des) tâche(s) proposées (tâche motivante, objectif connu, apprentissage qui en résultera explicité, …). Quelquefois il faudra que l’enseignant prenne du temps pour un élève en particulier (Cf. Proxémie - 5.7)

● L’obtention d’un climat propice à la réalisation de la tâche ;

le climat propice à la tâche est lié à plusieurs facteurs environnants : l’ambiance sonore (silence total, fond musical, chuchotements, ...), l’ambiance générale de la classe (bien-être quotidien dû à une classe « agréable »), l’effet de groupe (motivation de l’ensemble des élèves, mise au travail rapide et effective), climat de confiance (l’élève sait pouvoir compter sur des aides si besoin), la température qui règne dans la classe (une classe surchauffée ou glaciale ne donne pas envie aux élèves de s’investir), la variation des dispositifs liés à la tâche (plus de 5 ou 10 min selon le niveau des élèves sur un travail de copie ou d’écrit aboutira une lassitude rapide des élèves), etc.

● Le déblocage de certains élèves ;

un élève bloqué devra faire l’objet d’une aide spécifique soit de l’enseignant, soit d’un camarade (reformulation de la consigne, précision apportée sur le plan matériel, encouragements verbaux, paroles qui rassurent, ...).

● La gestion des demandes d’aide ;

à tout moment, pendant la réalisation de la tâche, un élève doit pouvoir demander de l’aide (enseignant ou camarade). Si beaucoup d’élèves sollicitent de l’aide, l’enseignant doit prendre une décision :

- hiérarchiser les aides qu’il va apporter

- proposer l’aide de camarades de classe

- faire une pause immédiate pour revenir au collectif et reprendre les fondamentaux qui n’ont pas été saisis (consigne, aspect matériel entre autres).

- proposer une alternative à la tâche (plus simple, exercice différent, autre dispositif, ...)

- stopper l’activité et la différer car la tâche est trop complexe ou les prérequis sont insuffisants. (il serait contre-productif de laisser les élèves dans une situation d’échec sous prétexte que l’enseignant n’a pas d’alternative à proposer).

● Utiliser les effets de la proxémie (Hall, 1978) ;

une fois les élèves concentrés sur la réalisation de la tâche, l’enseignant va circuler dans la classe (et non attendre au bureau que le temps passe) et aura à encourager individuellement les élèves, les rassurer, les aider ponctuellement, ... En bref, créer un climat de confiance qui permettra à tous les élèves d’aller jusqu’au bout.

6) l’entretien de l’activité des élèves

Pour faire en sorte que tous les élèves restent engagés dans une activité qui les confronte réellement avec les tâches prescrites. Pour cela, chacun doit pouvoir rester focalisé sur la tâche et être véritablement actif. Le maître veille donc à éviter les perturbations, les blocages, la saturation et l’ennui.

● La circulation dans la classe ;

indispensable pour réguler, gérer la difficulté passagère de tel ou tel élève, repérer les difficultés ou les réussites communes, gérer la discipline, … C’est un geste pédagogique incontournable.

● La lecture de l’activité des élèves et le prélèvement d’informations diverses ;

c’est une forme d’évaluation de l’enseignement. L’enseignant peut en effet mesurer immédiatement les effets de sa pédagogie.

● La création et le maintien d’un climat propice à l’activité des élèves ;

cela relève de la gestion de classe. Les élèves doivent avoir des « habitudes de travail » qui permettent le respect de règles incontournables (bruit, agitation, élève qui se balance sur sa chaise, élève qui empiète sur le bureau des autres, élève qui joue avec son matériel scolaire, élève qui se lève sans cesse sans raison, etc. ). De ces « bonnes habitudes » découlera un climat propice qu’il s’agira de maintenir tout au long de la réalisation de la tâche. La circulation dans la classe et la communication individuelle (à voix basse) permettront de maintenir ce climat propice à l’activité des élèves, et au-delà, aux apprentissages.

● La gestion des comportements indésirables ;

dans ce cas de figure, l’enseignant doit se déplacer, aller vers l’élève en question et régler le problème directement, individuellement, sans déranger les autres élèves. Dans certains cas, une aide pourra être proposée après le rappel à l’ordre pour s’assurer que l’élève entre dans la réalisation de la tâche.

● La remise au travail (gestion du « off-task ») ;

Certains élèves peuvent « décrocher » en plein milieu de l’activité pour diverses raisons. L’enseignant devra être vigilant à cela et réagir rapidement pour relancer la motivation de ces élèves et essayer de dénouer le problème. Il peut s’agir de fatigue, de difficulté passagère, ...

● La stimulation des élèves ;

La présence effective de l’enseignant auprès des élèves suffit en principe à stimuler les élèves si les conditions préalables à l’activité ont été réunies (cf. points ci-dessus)

● L’aide et la gestion des élèves en difficulté ;

Les élèves sont pour 98 % de leur temps en situation d’apprentissage (les 2 % restants étant dévolus à l’évaluation). Lorsqu’on apprend, on peut éprouver des difficultés. L’élève doit savoir pouvoir compter sur une aide (quelle qu’elle soit) à tout moment de ces temps d’apprentissage. Cela demande à l’enseignant une vigilance et une attention toute particulière à ce qui se passe dans la classe pendant que les élèves sont en situation d’activité. La circulation dans la classe et l’observation sont indispensables.

● L’aménagement individuel de la tâche ;

Il peut se faire en amont (différenciation planifiée, anticipée) ou in situ au moment où l’enseignant constate qu’un élève ne pourra pas parvenir à réaliser l’ensemble de la tâche qui a été fixée au départ. Un réajustement individuel s’impose alors.

● Le bilan d’étape et l’aménagement collectif de la tâche ;

Certaines tâches données aux élèves doivent se faire en plusieurs étapes. Il est important de faire une pause pour un bilan (ou une mise en commun) collectif entre chacune de ces étapes. Cela permettra aux élèves de vérifier les résultats de leurs travaux et à l’enseignant de repréciser l’objectif à atteindre pour l’étape suivante. D’autre part, un élève qui n’aura pas finalisé la première tâche pourra tout de même poursuivre pour faire la deuxième sans être pénalisé.

Dans certains cas, l’enseignant sera amené à aménager la tâche préalablement fixée (raccourcissement ou allongement de celle-ci, difficulté diminuée ou accrue, étape intermédiaire rajoutée ou au contraire supprimée) afin que tous les élèves puissent réussir à aller jusqu’au bout dans le temps imparti à la séance.

● La supervision du rythme pour optimiser l’activité du groupe classe ;

la vision globale de l’activité des élèves en général et de chacun en particulier va permettre à l’enseignant d’apporter les réponses pédagogiques nécessaires afin que tous les élèves soient actifs, concentrés, motivés jusqu’au bout tout en étant en réelle situation d’apprendre.

● La gestion des élèves ayant terminé la tâche principale ;

Un élève doit savoir à tout moment ce qu’il doit faire pour éviter l’ennui ou l’agitation. L’élève qui a fini une tâche doit être rapidement occupée à une autre. En principe, cela a été anticipé au moment de la consigne et avant la mise en activité. Si ce n’est pas le cas, l’enseignant se doit d’aller vérifier la bonne réalisation de la tâche fixée au départ et donner le cas échéant à l’élève une autre tâche à réaliser qui tiendra compte du temps imparti restant pour le reste de la classe.

● L’anticipation de la suite des événements ;

Avant que l’activité des élèves ne soit achevée, l’enseignant devra planifier plusieurs choses : synthèse, mise en commun, correction, rangement du matériel, préparation de l’activité suivante, pause entre les activités, écriture de quelque chose au tableau, ... cela relève à la fois de la gestion matérielle et de la gestion pédagogique. En aucun cas, les élèves devraient être en situation d’attendre que l’enseignant ait fini de préparer « la suite » après qu’ils ont fini une activité.

7) la clôture de l’activité des élèves

Pour faire en sorte que tous les élèves cessent leur activité et se rendent disponibles pour la suite.

● La décision d’engager l’arrêt de l’activité ;

L’arrêt de l’activité doit être décidé par l’enseignant si :

1- le temps imparti à la tâche est écoulé (fixé au préalable de cette dernière)

2- la majorité des élèves a terminé

3- la tâche est trop difficile ou trop longue à réaliser

4- de nombreux élèves sont en difficulté et bloqués

5- les élèves ne sont plus motivés, sont fatigués

● L’émission des premiers signaux pour annoncer la fin prochaine de l’activité ;

La gestion du temps est importante. Avant que les élèves n’arrivent à la fin du temps imparti, il est bon de rappeler le temps restant afin que les élèves puissent gérer les priorités dans l’achèvement de leur tâche.

● L’accompagnement des élèves qui ne parviennent pas à se désengager de l’activité ;

Cela est bon signe pour l’enseignant ! Cela signifie que l’activité proposée a été motivante et intéressante. Cela dit, il faut malgré tout désengager ces élèves de l’activité afin de pouvoir passer à la suivante. Il peut être proposé de poursuivre en différé cette activité à un moment plus opportun.

● La gestion des élèves qui occasionnent un trouble ;

Cela relève de la gestion de classe. Un élève fauteur de trouble doit immédiatement être rappelé à l’ordre (calmement et si possible individuellement à voix basse) afin de garder dans la classe une atmosphère propice aux apprentissages.

● La préparation de l’étape suivante ;

Annoncer aux élèves ce qui va être fait par la suite. Quel en sera l’objectif (cf. explicitation des apprentissages) ? Quel est le matériel dont on n’a plus besoin ? Quel est le matériel à préparer ? Quel en sera le dispositif ? (organisation spatiale de la classe à aménager), etc.

● Le signal d’arrêt définitif pour toutes les activités ;

Cet arrêt est important car il va permettre à tous les élèves d’être en « pause » en termes d’activités d’apprentissages guidées. C’est le moment pour initier le rangement du matériel de classe (collectif et individuel), du nettoyage du tableau, de l’écriture des devoirs (cela peut aussi se faire avant), de l’annonce éventuelle des activités du lendemain ou de la semaine à venir, de la synthèse de la journée ou de la semaine, de l’écoute des élèves, d’un temps calme (écoute musicale, projection d’œuvres artistiques, récitation de poésie, lecture offerte, ...), etc.

● La pression temporelle et le respect de l’emploi du temps ;

ce point a déjà été évoqué mais il est bon d’insister sur le fait que le temps de chacune des séances ne doit pas être élastique. L’emploi du temps doit être respecté au plus juste afin de respecter l’équilibre institutionnel entre les différents domaines d’apprentissage.

8) la mise en commun

Pour faire un point collectif sur les tâches qui ont été réalisées, valider ou invalider les réalisations de chacun, discuter des stratégies qui sont mises en mots, faire émerger le savoir en jeu, l’institutionnaliser, etc.

● La récupération de l’attention et la passation de consignes ;

Pour ce point collectif pendant l’activité (cf. bilan d’étape ci-dessus) ou à la fin de celle-ci, il est important que les élèves sachent ce que l’enseignant attend d’eux. Tout d’abord, l’attention de tous est indispensable (ne pas commencer à parler si des élèves ne sont pas prêts à écouter). La consigne concernant la restitution, la verbalisation des démarches des élèves, l’exposé des résultats trouvés, ... devra répondre aux mêmes exigences que la consigne de départ pour l’activité d’apprentissage (simple, claire, concise).

● Le retour sur l’activité passée et la restitution des productions ;

Il est important de prendre un peu de temps a posteriori de l’activité d’apprentissage pour que les élèves s’expriment sur les réussites, les difficultés rencontrées, les démarches choisies, ... Les productions des élèves seront remises à l’enseignant après cette étape.

● Le contrôle de la conformité en référence à la prescription ;

Bien que cela soit fait tout au long de l’activité, il peut être utile de faire rappeler par les élèves quelle était la consigne de départ et faire valider (ou pas) la conformité des productions (cela est d’autant plus important que la production est le fruit d’un travail de groupe).

● Les corrections et la validation des productions d’élèves ;

La correction, quelle que soit sa forme et fusse-t-elle rapide, se doit d’exister. L’absence de correction serait dommageable à la motivation des élèves (qui pourraient croire faire des exercices « pour rien »). La satisfaction des élèves qui sont arrivés au bout de la tâche doit être prise en compte et ceux qui ont fait des efforts, même en rencontrant des difficultés, doivent être encouragés et valorisés.

● L’évocation et la mise en mots des différentes stratégies ;

Lors de la mise en commun ou de la correction, l’enseignant doit demander aux élèves de verbaliser sur leurs stratégies, sur les choix des démarches opérés et ainsi favoriser la validation par les pairs au sein de la classe. Ce n’est pas l’enseignant qui corrige, ce sont les élèves qui le font. L’enseignant n’est là que pour favoriser cette correction et veiller à induire les bonnes réponses.

● La confrontation et le débat ;

Dans certaines situations, il est utile que l’enseignant favorise la confrontation des idées au sein de la classe afin de faire émerger les représentations des élèves et les faire évoluer.

● Obtenir la participation de tous les élèves et la maintenir ;

Il est toujours difficile pour un enseignant de s’assurer que tous les élèves participent à parts égales. Certains élèves prennent volontiers la parole, d’autres sont plus réservés et savent se faire oublier au profit de ceux qui ont toujours le doigt levé. La désignation nominative des élèves est une des solutions pour pallier ce problème (contrairement à l’interrogation des élèves qui lèvent le doigt). Dans certaines situations d’apprentissage où l’oral est privilégié, un système de cartes-prénoms mis dans une enveloppe peut être aussi utilisé (l’enseignant interroge l’élève dont le nom figure sur la première carte puis remet celle-ci à la fin du paquet).

● La mise en mots des implicites et de l’action ;

La formulation au moment de cette mise en commun est importante tout autant que la précision du vocabulaire utilisé. Il sera pertinent de faire reformuler (par l’élève lui-même ou par un camarade) lorsque l’expression sera imprécise ou que les mots ne seront pas appropriés. L’enseignant est le garant de la justesse de l’expression orale. Un écrit au tableau (dictée à l’adulte) pourra être un support intéressant à utiliser.

● L’institutionnalisation du savoir (trace écrite ou verbalisation) ;

C’est une étape fondamentale à tout apprentissage. Cela permet d’évacuer tous les doutes et imprécisions et surtout d’asseoir les connaissances et les savoir-faire. La trace écrite n’est pas obligatoire et elle doit être adaptée en fonction du niveau de classe, du sujet d’apprentissage et de l’étape dans laquelle se trouve cet apprentissage (lors d’une séquence de plusieurs séances, la trace écrite peut n’avoir lieu que lors de la dernière séance).

La verbalisation des élèves écrite au tableau par l’enseignant est une solution à envisager dans de nombreuses situations.

● La projection (ceci va servir à … la prochaine fois …)

Les programmes de 2015 de l’école primaire (maternelle et élémentaire) sont spiralaires. Il y a toujours un « avant » et un « après » dans les apprentissages. Même si l’apprentissage du jour ne sera utilisé que dans plusieurs semaines, voire l’année suivante, il est important de dire aux élèves que cet apprentissage a un prolongement.

9) les transitions

« Prendre le temps n’est pas perdre du temps, bien au contraire »

Pour faire en sorte que tous les élèves organisent les conditions qui leur permettent de mettre en place une nouvelle activité. Ils peuvent distribuer, ranger ou préparer du matériel, comme devoir se déplacer.

● La clôture de la tâche en cours et le lancement de la transition ;

Voir l’onglet spécifique « Transitions »

● Les consignes spécifiques à la transition ;

Voir l’onglet spécifique « Transitions »

● Le rangement et la préparation du matériel ;

Les élèves ne sont pas dans des conditions de travail optimales si le matériel de l’activité précédente n’a pas été rangé ou si le matériel de l’activité en cours n’est pas à leur disposition. Cela doit être anticipé.

● La distribution et la collecte de matériel ou de documents ;

La plupart du temps, cette tâche est dévolue à un ou plusieurs élèves « responsables ».

● L’organisation des déplacements ;

À tout moment, les élèves doivent savoir s’ils ont ou non le droit de se déplacer dans la classe sans autorisation. Cela relève des règles de vie de la classe et des habitudes données aux élèves dès le début d’année. En tout état de cause, aucun élève ne devrait être debout dans la classe au moment où l’enseignant s’adresse à la classe.

● La supervision et l’accompagnement de la transition ;

Cela relève de la gestion de classe et du respect des règles de vie établies.

● La communication pendant le temps de transition ;

Pendant ce temps de transition, la communication avec les élèves est soit individuelle, soit par voie écrite au tableau. On imagine mal en effet une communication collective pendant que tous les élèves sont occupés à ranger leur matériel ou en train d’écouter un morceau de musique, ...

● La vérification ou le contrôle de l’achèvement de la tâche ;

● L’aménagement de la tâche pour certains élèves ;

cf. 6.8

● Proposer une pause ou un moment de détente ;

Voir l’onglet spécifique « Transitions »

● Proposer une tâche intermédiaire pour apaiser les élèves ;

Voir l’onglet spécifique « Transitions »

● L’arrêt de la transition et la récupération de l’attention ;

Voir l’onglet spécifique « Transitions »

10) la sortie de classe

Pour faire en sorte que le temps de classe se termine et que les élèves puissent être provisoirement libérés des contraintes scolaires. Ils rejoignent alors la cour de récréation ou sortent de l’école.

● Respecter les horaires de fin de classe ;

Le respect des « règles » en général dans une classe par l’enseignant autant que par les élèves augurent du bon fonctionnement de la classe.

● Clore les activités en cours ;

Toute activité de classe doit être « finalisée » et le signal de fin de celle-ci doit être clair par les élèves.

● Préparer le futur retour en classe ;

Nettoyage du tableau, rangement de ce qui ne servira plus, préparation des outils qui serviront le lendemain, …

● Organiser le rangement des affaires personnelles et collectives ;

Pour permettre de retrouver une classe ordonnée le lendemain.

● Refermer symboliquement le temps de classe ;

Tout comme le bonjour matinal : « au-revoir, à demain »

● Organiser le déplacement vers la cour ou le portail ;

Cela relève de la vigilance et de la sécurité nécessaires à tout déplacement d’élèves. Tout comme pour l’entrée en classe le matin, il faut que l’enseignant soit placé en fin de rang pour avoir un regard sur tous ses élèves.

● Communiquer avec les familles ;

Quelques mots échangés de façon informelle avec les familles à la sortie de l’école permettent de régler rapidement de nombreux problèmes.