AEFE | Lycées français d'Afrique

Portail Afrique

Accueil > Ressources > Porfolio des enseignants débutants > Pédagogie et didactique > Pédagogie générale > Les cahiers des élèves

Les cahiers des élèves

Quel cahier, quel support choisir ?

UN VÉRITABLE CHOIX PÉDAGOGIQUE

Choisir un cahier, un support pour ses élèves est très important. Il est donc nécessaire de prévoir, d’anticiper, de prendre en compte les éléments suivants :

à quoi l’outil va-t-il servir ?

► cahier pour s’entrainer, cahier pour garder une trace, cahier de suivi des apprentissages, cahier de réussite (maternelle), cahier pour apprendre, cahier pour évaluer,…

Autant de fonctions des cahiers qui nécessitent une réflexion afin de proposer aux élèves des outils adaptés et utiles.

quel est l’âge, le niveau des élèves concernés ?

► En fonction de l’âge des élèves, de leur niveau de classe, le cahier n’aura pas le même usage ni les mêmes contenus. Un élève de maternelle n’écrit pas, un élève de CP, de CE1 ou de CE2 écrit moins qu’un élève de cycle III et l’organisation des apprentissages n’est pas tout à fait la même.

qui va le gérer, le manipuler, l’organiser (élèves, adultes…) ?

► Le cahier est en priorité un outil pour l’élève. Il est avant tout le reflet des apprentissages faits en classe, la trace des réussites des élèves et des progrès réalisés. Mais il est aussi outil essentiel de communication avec les parents pour rendre compte des progrès de leur enfant.

quels documents y seront intégrés (taille, quantité) ?

► Il est parfois nécessaire d’intégrer des documents annexes dans le cahier de l’élève. Ces documents doivent essentiellement être des supports d’apprentissage, des aides à la réflexion ou à la recherche des élèves. On trouvera par exemple des courts textes ou illustrations en histoire, en géographie, en sciences. Quelquefois un document sera utilisé en étude de la langue, en mathématiques…

Quelquefois, ces documents collés dans le cahier pourront être utiles pour faire de la différenciation (tous les élèves n’auront pas le même document que ce soit en termes de contenu ou en termes de longueur de celui-ci).

N.B. : ces documents intégrés et collés au cahier doivent être judicieusement choisis et ne pas être de simples photocopies d’un manuel ou d’une impression à partir du Net. Ils se doivent d’être courts et apporter une réelle plus-value en termes d’apprentissage pour l’élève.
Bannir autant que faire se peut les feuilles A4 collées in extenso dans le cahier.

pour quelle durée (un trimestre, une année, un cycle) ?

► Certains cahiers seront renouvelés dans l’année (cahier de brouillon, du jour), d’autres seront pérennes et pourront durer l’année voire les trois années du cycle (cahier de mots, imagier, cahier de vie ou cahier de réussite en maternelle, cahier de poésie, cahier d’enseignement moral et civique, de sciences, d’histoire-géographie,… en élémentaire).

Autre élément permettant le choix : le prix.

Un cahier très grand format (24x32) coûte plus cher qu’un cahier grand format (21x29,7) qui lui-même coûte bien plus cher qu’un petit cahier (17x22). Cette différence de prix est aussi proportionnelle au nombre de pages du cahier et varie fortement en fonction de la qualité et de la finition (spirale ou relié).

Pour aider à faire un choix, il faut simplement regarder dans les armoires de la classe où il reste très souvent des cahiers des années précédentes et se poser la question si ces supports précédemment utilisés sont réellement adaptés. Penser avant tout aux élèves en termes de confort d’utilisation au quotidien.

LES CLASSEURS

On ne choisit pas de faire utiliser un classeur par les élèves sans y avoir mûrement réfléchi.

Des éléments à prendre en compte :

POUR

Le classeur est très souvent indispensable au collège

Le classeur est « pratique » et permet de ranger de nombreux documents par thématiques avec des intercalaires

Le classeur peut contenir des pochettes plastique pour des documents annexes aux séances (histoire, géographie, sciences, textes de lecture, …)

CONTRE

Le classeur est « encombrant » et entre difficilement dans le cartable (voire pas du tout)

Le classeur nécessite des feuilles spécifiques (il faut une perforatrice adaptée dans la classe et anticiper la perforation des feuilles données aux élèves)

Les feuilles dans le classeur s’abiment vite. Il faut avoir des œillets de renfort et gérer in situ leur utilisation souvent peu aisée pour les élèves.

L’organisation du classeur n’est pas « innée » pour les élèves, elle demande un apprentissage de longue durée. Cela prend du temps !

La qualité de certains classeurs peut poser problème (fermetures décalées qui ne bloquent pas les feuilles entre autres)

Le classeur tombe, les feuilles s’éparpillent et toute l’organisation est à refaire pour l’élève.

Le classeur de certains élèves est très souvent désorganisé et les élèves ne s’y retrouvent pas…

En bref, on ne choisira l’option classeur que si on y consacre du temps avec les élèves et en règle générale on ne l’utilisera pas avant le cycle III.

Le classeur à archives à deux trous est à éviter à l’école élémentaire.
Il pourra être en revanche utilisé par les enseignants en maternelle pour ranger les nombreuses productions en arts visuels des élèves - mais c’est l’enseignant ou l’ASEM qui le manipule -.

LES CAHIERS, SUPPORTS D’APPRENTISSAGE, OUTILS DE COMMUNICATION :

A) Un cahier bien organisé aide à apprendre, à structurer la pensée, à se repérer :

Gérer un cahier, y écrire, le soigner, y prendre des repères : tout cela s’apprend. Le maître doit consacrer du temps à l’élaboration d’une méthodologie adaptée (où et comment écrire, coller, dessiner, classer, ranger, etc.)

À ce titre, il a une fonction pédagogique et méthodologique pour l’élève.

B) Ils sont le reflet de ce que l’enfant fait à l’école.

À ce titre, il a une fonction à la fois informative et rassurante pour les familles.

C) Il doit être régulièrement vérifié et corrigé par le maître et l’élève.

D) Il doit être clair, soigné et lisible par tous :

Remarques sur les grands cahiers :

· Un grand cahier (21 x 29,7 cm) voire un très grand cahier (24 x 32 cm) sont très difficilement gérés par les élèves avant le cycle III. Outre la gestion de l’espace des grandes pages complexe pour les élèves, se pose le problème de la place occupée par ces grands cahiers sur le bureau (trousse, manuel et cahier n’entrent pas sur les bureaux des élèves les obligeant souvent à déborder de ceux-ci et à prendre des solutions peu confortables et inappropriées pour écrire).

· D’autre part, l’écriture pour des élèves de petite taille est rendue difficile et contraignante sur des grands cahiers où l’élève devra allonger le bras pour écrire en haut de la page ou se contorsionner pour écrire en bas.

· Le dernier effet néfaste de ces grands cahiers (outre le prix), est le surpoids par rapport à des petits cahiers (pour l’élève dans son cartable tout comme pour l’enseignant qui doit les transporter pour les corriger).

En conclusion, des petits cahiers sont tout à fait adaptés pour les apprentissages du CP au CM2, des exceptions pouvant être faites pour les cahiers de sciences et d’histoire-géographie où le collage de documents dupliqués s’avère nécessaire (sans être pour autant systématique).

Multiplication des cahiers :

Il est difficile pour les élèves d’avoir à gérer un trop grand nombre de supports et cela occasionne souvent un surpoids considérable des cartables sans compter le surcoût pour les familles (ou l’école) en termes de budget de fournitures scolaires.

Ce qui est indispensable (et qui pourrait largement suffire dans la plupart des cas) :

· Un petit cahier du jour (peut éventuellement être dédoublé Français/mathématiques)

· Un petit cahier de brouillon ou cahier d’essais qui reste à l’école

· Un petit cahier pour l’EMC et histoire des arts

· Un petit cahier de travaux pratiques pour la poésie, le chant

· Un petit (ou éventuellement grand) cahier de sciences

· Un petit (ou éventuellement grand) cahier d’histoire-géographie

· Un petit cahier de textes (éviter les agendas, difficiles à gérer pour les élèves)

N.B. : le cahier de règles ou de leçons doit répondre à certaines exigences. Il n’aura peu d’utilité s’il est le copié-collé de règles existantes sur d’autres supports (manuels, Bescherelle,…) et aura tendance à faire de la règle l’objet essentiel de l’étude de la langue laissant de côté le sens et l’usage. En revanche, si c’est le support de règles élaborées par les élèves avec leurs propres exemples, il prendra tout son sens car ces derniers se le seront approprié. D’autre part, il faut donner la possibilité aux élèves d’avoir accès à tous les outils de référence tels que Bescherelle, dictionnaire, dictionnaire des synonymes, ... de façon régulière et autonome.