AEFE | Lycées français d'Afrique

Portail Afrique

Accueil > Ressources > Porfolio des enseignants débutants > Pédagogie et didactique > Pédagogie générale > Gérer sa classe au quotidien

Gérer sa classe au quotidien

Problème posé : la conduite de la classe passe d’abord par l’élaboration de contenus riches, favorisant l’activité des enfants et la construction de connaissances... mais parfois, une séance rate simplement parce qu’on n’a pas su placer les élèves en situation favorable d’écoute, d’attention et de mobilisation.

1 - Arriver en avance

Le maître se présente 10 minutes avant l’arrivée des élèves même s’il n’est pas de service (7h50 si la sonnerie retentit à 8 heures pour les élèves). Soit, le maître est de service et il faut alors veiller à la sécurité ; soit libéré de cette contrainte, il peut alors accueillir les enfants et les familles, discuter avec les élèves des diverses classes...

Dès que « ça sonne » ou que c’est « l’heure », le maître se place en position pour attendre son rang. On se salue tranquillement, il est possible pour le maître de se déplacer pour s’assurer que tous les élèves sont rangés en silence et calmement. Outre l’engagement de la responsabilité du maître en cas d’accident, un rang d’élèves doit attendre le moins possible dans la cour pour éviter énervement, accidents et disputes. Au retour de chaque récréation, le principe est le même. Le mieux est d’arriver juste avant la sonnerie ou l’heure de fin de récréation.

En maternelle, l’accueil peut se faire dans la classe. Chaque enseignant doit être là dès l’arrivée du premier élève. Une ATSEM ne peut pas garder les élèves. L’enseignant profite de ce moment pour mettre en place des jeux calmes, des jeux d’accueil qui lui permettent de faire un accueil personnalisé avec chaque enfant et parents et d’observer ses élèves dans des situations non dirigées. Le moment d’échange avec les familles ne doit pas s’éterniser.

Arriver en avancer aussi pour s’installer en classe, veiller aux rangements, à la préparation du tableau, des documents qui seront utilisés. Les élèves sont très sensibles au fait que l’enseignant témoigne avoir déjà pris possession des lieux. Ils aiment voir qu’il a préparé quelque chose pour la classe, « pour eux ». Il faut bien entendu avoir pensé à temps aux tirages éventuels de photocopies et aux découpages des documents qui seront placés dans des pochettes fermées dans l’ordre de distribution. Le « menu » du matin peut être écrit au tableau. Le tableau, même s’il est préparé à l’avance (texte à lire, consignes...) doit être particulièrement propre (lavé à l’éponge chaque soir) et sa présentation très soignée. La classe doit apparaître propre, rangée, soignée avec des affichages bien accrochés. Pas de papier au sol ou de désordre sur le bureau du maître... Le lieu doit donner « envie » de travailler.

2 - Régler la circulation et les déplacements.

Pour éviter les courses dans les escaliers, les embouteillages, les élèves qui s’échappent vers les toilettes... On peut améliorer les choses en :

  • prévoyant des « responsables » chargés de la tête du rang (ils savent où il faut s’arrêter) et d’autres « responsables » chargés de tenir les portes ouvertes.
  • selon la configuration, prévoir les arrêts (à chaque pallier, avant un « virage »...).
  • il est souvent favorable de « monter » avec sa classe le plus tôt possible.
  • en prévision des évacuations (incendie, séisme), mais aussi pour favoriser cette circulation, il est possible de se donner un temps en début d’année pour apprendre collectivement comment on se déplacera...

Les passages aux toilettes doivent être anticipés et rappelés.

Les élèves qui ont un cartable « à roulettes » doivent le porter dans les bâtiments.

Ne pas hésiter, lorsque le rang fait « sa pause » à un palier ou un point stratégique, à circuler pour s’assurer du calme de chacun. Le maître passe calmement, fait ranger un jeu, veille au rangement par deux... Sans en faire un temps long et fastidieux, le maître marque déjà bien l’idée que la classe a déjà commencé.

3 - S’arrêter avant d’entrer

Ce point capital est souvent négligé... et pourtant. Si les élèves se précipitent dans la classe, on perd l’occasion de retrouver son calme « avant ».
Pas d’entrée dans la classe avec casquette ou chemise ouverte tout en sueur...
Veiller au rangement des jeux. Les ballons, les billes, doudous, etc. doivent être placés dans les sacs. Le calme doit être exigé avant d’entrer. Pour avoir du silence, crier est infructueux.

4 - Se positionner à l’entrée de la classe

L’enseignant se place à l’entrée de la classe après avoir ouvert la porte. Chaque élève passe ainsi devant lui. Il peut le saluer, recevoir le salut de l’élève et il installe ainsi calmement son autorité.

Les élèves doivent rejoindre leur place. Ils doivent savoir ce qu’ils doivent faire en particulier en maternelle (sur le tapis, sur le banc…).

Les élèves doivent montrer qu’ils sont prêts en "se tenant bien », par exemple les bras posés sur la table. Sans caporalisme, tout doit se faire tranquillement.
Dans certaines classes, les élèves effectuent leurs responsabilités rapides (écrire la date, distribuer un cahier...).

« Le menu » du jour (activités prévues) est lu. Il doit déjà susciter l’intérêt. On peut d’ailleurs l’éveiller en jouant de formules amusantes ou évocatrices.
Une fois chaque élève entré et installé, l’enseignant, placé face aux élèves peut saluer de nouveau la classe et engager celle-ci dans le travail ou le commentaire des activités prévues...

Certains « rituels » existent dans diverses classes surtout en maternelle. Ils ne doivent pas être trop longs et doivent conserver du sens, ils évolueront tout au long de l’année. Pendant ces rituels, il faut veiller à ce que tous les élèves soient attentifs a minima et actifs si possible (la participation de chacun à l’aide de l’ardoise par exemple est une des solutions)

La « météo », par exemple n’a de sens que si elle procède d’une véritable observation scientifique (par exemple la lecture d’une température...) pour les plus grands. Pour les plus petits, elle doit donner lieu à de l’expression orale régulée et corrigée par le maître entre les élèves (la seule expression « il fait soleil » énoncée par un élève à destination exclusive de l’enseignant n’a aucun intérêt pédagogique ni linguistique).

5 - Commencer par de l’écrit

En élémentaire, certains maîtres qui disposaient du calme en classe, le perdent parce qu’ils veulent débuter par de nombreux échanges oraux.
L’entrée par l’écrit favorise le retour à la concentration et permet de mobiliser le maximum d’élèves.

C’est particulièrement valable en début d’après-midi au retour de la pause méridienne.

Mais c’est aussi pertinent avant toute séance. Par exemple, au lieu de demander à l’oral : « qu’avons-nous appris la dernière fois en Histoire ? ». On peut demander aux élèves d’écrire chacun 5 mots sur leur cahier de brouillon qui leur viennent à l’esprit en pensant à la dernière leçon d’histoire... L’échange oral viendra dans un deuxième temps et il s’appuiera sur le corpus de la classe (lien avec dire, lire, écrire).

Commencer par de l’écrit permet également au maître de pointer les présences, les tableaux de cantine (un appel nominatif frontal n’a que peu d’intérêt et suscite souvent ennui et déconcentration sauf s’il a un objectif linguistique clairement identifié). Bien entendu, on peut aussi commencer utilement par une lecture silencieuse. La littérature de jeunesse peut ouvrir la demi-journée ou le retour de récréation...

6 - Circuler dans la classe

Il est très utile de penser à circuler dans toute la classe, de passer derrière les élèves... Sans agitation excessive, cela doit se faire régulièrement. Les élèves doivent « sentir » la présence proche de l’enseignant. Cela est rassurant pour eux en cas de besoin d’aide ponctuelle mais aussi cela régule naturellement la discipline.

Le plan de classe doit favoriser cette circulation. Certaines dispositions ne sont pas favorables à la circulation physique et au regard du maître.

À cet égard le plan en « U » très ouvert, constitue souvent une bonne réponse...
De même, il faut toujours penser aux évacuations en cas de séisme ou d’incendie. Les portes de communication ne doivent pas être obstruées, la classe ne doit pas être encombrée par les cartables.

7 - Féliciter les premiers prêts

Plutôt que de se focaliser sur les élèves en retard ou qui ont un mauvais comportement, on crée une bonne dynamique en félicitant ceux qui se tiennent bien et se montrent prêts. Ainsi, les élèves comprennent que pour attirer votre attention, il faut avoir un comportement de qualité et que vous êtes sensible à ce point, à cet effort. On nomme ceux qui réussissent. « Bravo, c’est très bien, tout le monde est prêt, mais il manque encore deux personnes... non, plus qu’une seule. C’est très bien, nous allons pouvoir passer à la suite. »
L’élève qui n’est pas prêt doit s’identifier lui-même. Il appréciera n’être pas nommé devant tous et qu’on l’attende parmi les autres.

À chaque fois, tout au long de la journée, on fondera son rapport aux élèves sur l’exigence et la valorisation, l’encouragement... Lorsqu’un élève a réalisé un travail particulièrement réussi, ou témoigne d’une première avancée, il faut savoir le féliciter en témoignant bien qu’on n’a jamais douté de son aptitude à progresser. Il faut aussi veiller pour l’enseignant à valoriser la pédagogie de l’essai, savoir croire en ses élèves...

8 - Mettre tous les élèves en activité

Faut-il le souligner ? Des élèves qui s’agitent, ce sont souvent des élèves qui ne sont pas suffisamment en activité :

  • les temps d’échanges oraux sont trop longs ou ne concernent que quelques élèves
  • l’enseignant parle trop, n’utilise pas un vocabulaire adapté
  • le travail est trop facile et ne motive pas ou bien trop difficile et les élèves décrochent
  • les élèves ou certains d’entre eux ne mettent pas du sens dans leur activité.

Il faut autoriser les essais, placer les élèves en véritable situation problème ou de recherche et non en simple position d’exécutants. Très souvent, par souci d’épauler ses élèves, le maître « en dit trop » au départ, mais paradoxalement ne favorise pas les échanges métacognitifs (comment as-tu fait ?) en particulier dans le cadre de « bilans d’étapes ». Ces bilans permettent de se donner un « rendez-vous » temps pendant lequel les élèves échangent sur leurs difficultés, les objectifs à atteindre, les stratégies engagées...

S’il faut prévoir (anticiper) un travail significatif et conséquent pour les élèves en réussite, on peut prévoir aussi des « aides au départ » ou au « fil de l’eau » aux élèves en difficulté (« coup de pouce », « indice », « post-it. », « roue de secours »... les élèves doivent pouvoir faire l’objet d’une aide différenciée en « amont »).

La coopération entre élèves, le tutorat peuvent être valorisés, mais il faut veiller à un équilibre dans ces aides. Elles doivent profiter aux deux élèves.

On critique souvent « la copie d’un élève sur un autre ». Elle peut au contraire trouver sa place. « Faire comme » c’est déjà apprendre... même s’il faudra plus tard savoir justifier. Souvent un élève ne réussit pas « une production » car il ne sait pas anticiper « le produit attendu ». Faire circuler un élève dans la classe afin qu’il observe le début d’une production en arts visuels par exemple plutôt que de le laisser devant sa feuille blanche.

Le recours à un plan de travail individuel favorise l’activité de tous les élèves, le travail en ateliers tournants aussi (avec gestion du temps).

Le travail en ateliers en maternelle est dominant, il permet des temps d’apprentissage en petits groupes. Ce qui ne veut pas dire que les ateliers où l’enseignant n’est pas présent ne doivent être qu’occupationnels.

9 - Veiller aux enchaînements ou transitions

Toute activité doit être conclue même ponctuellement ou partiellement. Les élèves doivent pouvoir dire ce qu’ils ont appris de nouveau. En fin de journée on peut faire dire ce que l’on retiendra d’important de la journée (intéressant pour le maître de prévoir un « temps fort » par jour, moment dont on se souviendra et dont l’enfant parlera chez lui parce qu’il se sent motivé...).
Il est important de ne pas enchaîner deux activités sans favoriser le retour au calme. Il faut parfois prévoir une courte activité de transition : audition d’une poésie récitée, d’une musique, chant collectif, présentation d’une œuvre en arts visuels, lecture d’un texte de littérature de jeunesse ou autre qui peut faire écho à la leçon achevée ou introduire la suivante.

On veillera toujours à ces moments-là, aux rangements des documents, du matériel utilisé, du bureau... Il est pertinent aussi de se repérer sur le « menu du jour » afin de voir ce qui a déjà été fait et ce qui reste à faire...

10 - Alterner durées et formes de travail

La préparation de la classe veillera aux alternances : travail long, court en groupe, en binôme, en individuel, en ateliers... Il faut également au sein de la séance bien penser les alternances et le rythme de l’élève surtout en maternelle. Si une activité s’avère plus longue que prévu, il faut essayer de respecter l’emploi du temps et éviter de sacrifier la géographie ou l’EPS. Chaque séance doit permettre de retrouver l’entrée « maîtrise de la langue » avec « lire, dire, écrire ». La durée des séances ne devrait pas excéder 35-40 minutes en cycle 2 et 45-50 minutes en cycle 3.

Le cahier journal avec l’organisation de la journée doit permettre de visualiser la succession des activités et des formes de travail. Penser aussi aux aspects matériels (par exemple il peut être pertinent d’organiser un regroupement de tables pour le travail en ateliers après une récréation plutôt qu’au fil de la demi-journée...).

Il faut aussi pouvoir réguler au fil de la journée... S’ouvrir aux événements les questions qu’ils se posent...

Librement adapté du document 10 trucs de gestion de classe www.dijon.iufm.fr